Enthéogènes
Les psychédéliques dans l'histoire
Historiquement
Les psychédéliques ont accompagné nos rites de passages et nos expériences mystiques depuis des millénaires. Viennent alors l'Antiquité et le Moyen-Age : les grandes religions monothéistes passent par là, brûlant les sorcières, éradiquant les druides et pourchassant les chamans. Les rituels psychédéliques disparaissent peu à peu (ou se cachent dans la jungle). L'art se codifie, le sexe se réprime, les expériences psychédéliques sont bannies, la vie se normalise (=devient normative) puis --avec la modernité-- se contractualise.
L'actualité
La recherche sur les thérapies psychédéliques a repris dans les années 90, boosté par l'émergence des neurosciences. Un article célèbre, publié en 2006 (décrivant l'effet positif de la psilocybine), a marqué les esprits et confirmé l'à-propos de la reprise des recherches cliniques. Depuis, le potentiel thérapeutique des psychédéliques fait l'objet de nombreuses études.
Aujourd'hui, on parlera plutôt d'enthéogène (littéralement, "qui fait émerger Dieu en soi") pour désigner toutes les substances issues du vivant qui permettent des états élargis de conscience.
En quoi consiste un accompagnement enthéogène ?
Deux éléments sont à la base de toute expérience enthéogène: une intention lucide et un cadre favorable (c'est le fameux "set & setting").
Le set, c'est l'intention, l'état d'esprit. Cela se prépare en amont (médicalement, physiquement, mentalement et émotionnellement) et cela se débriefe en aval (c'est la substance qui vous emmène, mais c'est vous qui allez travailler et intégrer l'expérience).
Le setting, c'est le cadre, à commencer par le cadre de sécurité (légal et médical) puis le cadre expérientiel (le lieu, l'accompagnement, le soin etc).
Pour ceux qui s'y sentent appelés, cette démarche ouvre un espace où la magie peut s'inviter et élargir la perspective thérapeutique et existentielle. La substance nous sert notre propre histoire à l'état brut, dépouillée des croyances, mécanismes de contrôle et autres stratégies de survie qui organisent notre quotidien. Lorsqu'elles sont préparées avec soin et débriefées avec tendresse, ces expériences enthéogènes peuvent être puissantes et marquantes.
Est-ce une bonne idée ?
Envisager une expérience psychédélique, cela peut avoir du sens sur le plan thérapeutique, par exemple pour travailler sur la dépression ou sur les addictions. Cela peut aussi être une démarche de quête existentielle. Dans la pratique, c'est forcément les deux à la fois: la blessure et le questionnement spirituel se tiennent par la main. S'en remettre à la substance, c'est accepter de se laisser guider vers ce qui est prêt à émerger, en étant confiant que c'est le moment, que vous êtes prêt et que vous êtes bien accompagné. Vous n'y trouverez peut-être pas le sens de la vie, ou le sens de l'univers, mais plus prosaïquement, le sens de l'expérience. L'expérience traumatique devient alors expérience de vie. La remise en mouvement a commencé.
Et maintenant ?
Depuis 2005, la recherche clinique sur la thérapie psychédélique est relancée (MDMA et psilocybine notamment). Les résultats sont prometteurs, confirmant ce qui était déjà apparu dans les années 60 et 70, juste avant leur prohibition. Aujourd'hui, les psychotropes non-médicamenteux restent interdits dans la plupart des pays européens. Les exceptions deviennent cependan de plus en plus nombreuses: truffes en Hollande, psilocybine en Suisse, ekétamine en Belgique, ayahuasca en Espagne, etc.
Si vous envisagez un travail thérapeutique avec les psychédéliques, c'est un voyage qui gagne à être accompagné. Cela commence avec un entretien préliminaire, pour poser les intentions et le cadre.